Des élus basques "hébergent" Aurore Martin, la militante indépendantiste

Publié le par Euroaginduari EZ

AFP  2011-01-12

 

BAYONNE (Pyrénées-Atlantiques) — Plus de quarante élus basques ont fait savoir mercredi à Bayonne qu'ils "hébergent dans (leurs) maisons" la militante indépendantiste Aurore Martin, dont la justice a décidé le transfert en Espagne, assumant ouvertement un appel à la "désobéissance civile" dans cette affaire.

La militante française, âgée de 31 ans, a annoncé le 21 décembre dernier sa décision de "se cacher" après la décision de justice acceptant son transfert en Espagne en réponse à un mandat d'arrêt européen émis par Madrid pour "participation à une organisation terroriste".

"Aurore Martin (...) est hébergée dans nos maisons et appartements, nous continuerons à le faire le temps nécessaire. Ouvrir sa porte et héberger Aurore est un acte légitime et cohérent", indique un texte présenté par des élus signataires mercredi à la presse. Ils ont appelé "tous les citoyens à être prêts à faire de même".

Parmi les signataires figurent Alice Leizegezahar, élue Europe-Ecologie du Conseil régional d'Aquitaine, Alain Iriart, conseiller général des Pyrénées-Atlantiques, les maires de six communes basques et une quarantaine d'autres élus de la région.

Aurore Martin est poursuivie par la justice espagnole pour des activités politiques menées en 2008 en Espagne en tant que membre de Batasuna, un parti autorisé en France mais interdit en Espagne pour ses liens présumés avec l'organisation armée ETA.

"Nous sommes opposés à cette utilisation du mandat d'arrêt européen et à la remise d'Aurore Martin aux autorités espagnoles", indique le texte des élus qui ont déclaré devant la presse "assumer" une situation de "désobéissance civile".

"Nous sommes pleinement conscients, ajoutent-ils, que l'hébergement d'Aurore Martin est un délit, nous l'assumons, et assumerons les conséquences judiciaires qui découleraient de notre acte". Une trentaine de militants et responsables syndicaux ont également apposé leurs signatures à ce texte.

La décision de transfert en Espagne de la militante constitue "un précédent d'une gravité absolue", a déclaré Peio Etcheverry Ainchart, élu du parti autonomiste modéré Abertzaleen Batasuna, soulignant que "tout le spectre politique français" s'était déclaré hostile à cette procédure. Le conseiller général abertzale (patriote, en langue basque) Alain Iriart a pour sa part jugé "intolérable" une décision de justice reposant sur "une erreur manifeste d'interprétation et d'appréciation de la loi".

Il a dénoncé le caractère "particulièrement malvenu" de cette affaire au moment où "des acteurs majeurs du conflit basque disent qu'ils renoncent aux armes", rappelant le cessez-le-feu "permanent" annoncé mardi par le groupe armé ETA.

Publié dans Prentsa

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